Petit théâtre genevois dans le
quartier des grottes, le théâtre Para- Surbeck
est à échelle humaine. Humaine voire familiale,
l’ambiance que Claude Para et Luc Surbeck ont su impulser
à ce théâtre. Ici, pas de superproduction
avec des centaines de jeunes gens qui s’égosillent
le temps d’un tube. Intime et même intimiste,
ainsi se décrirait cet endroit.
Un petit Coq au Vin ou une salade avant le spectacle, ça
vous dirait? Pas de souci, ils y avaient pensé…
Le choix des pièces et surtout des auteurs, les distingue
et révèle un théâtre de qualité.
Ces professionnels font fi d’une époque où
la
« tendance » est de présenter des pièces
dites alternatives que personne ne comprend et à texte
médiocre. Si vous aimez les troupes d’amateurs,
qui mâchouillent un texte mal compris, vous serez déçu.
En revanche, si une expérience de 22 ans à user
les planches, le grain de folie et de passion qui font vibrer
chaque comédien vous séduisent, alors n’hésitez
pas. ce sont vos hommes.Et si le théâtre était
avant tout un diver- tissement; et si le but était
de passer un bon moment, alors Para et Surbeck ont visé
dans le mille.
Pour les non-francophones sachez que l’expression en
français qui signifie y mettre tout son cœur et
son ardeur est « mouiller la chemise », exprimant
ainsi l’idée d’un effort physique. Cette
expression s’applique tout à fait dans le cas
présent, Para et Surbeck ont vraiment mouillé
la chemise.
Un coq au vin, et pour le dessert ? Cela sera une discussion,
à bâtons rompus avec les autres spectateurs.
Bien que vous soyez libre de rester ou de partir, vous aurez
la possibilité de poser des questions, même gênantes,
de faire part de votre avis ou tout simplement d’écouter
ce que les autres ont pensé du spectacle. Ainsi repus,
vous pourrez sereinement rentrer ou déambuler selon
votre gré.
Rachel El Haloui-Deléglise
Octobre 2003
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